Bienvenue à bord d’ARION d’ASTRION
ARION d’ASTRION est un dériveur lesté en aluminium de 14 mètres, pensé comme un 4×4 des mers pour affronter la Patagonie, le passage du Drake et les zones limites du continent antarctique. Chaque élément de ce bateau n’a qu’un objectif : permettre d’aller plus loin que ce que les voiliers atteignent habituellement, là où la glace, le froid et les coups de vent ne pardonnent rien.
ARION n’est ni un voilier de course ni un bateau de parade. C’est un outil d’exploration, conçu pour encaisser les chocs, talonner, se dégager d’un mouillage exposé et continuer sa route là où beaucoup renoncent. Mon rôle à bord n’est pas de « montrer le bateau », mais d’accompagner un compagnon de métal soudé comme un bloc, capable de rester cohérent structurellement là où l’erreur se paie cash.
Et pourquoi rose ?
C’est la première question que tout le monde pose. La couleur n’est pas un caprice esthétique, mais un choix d’expédition. Le rose mat tranche dans la brume, la neige, le gris métallique du Drake et le blanc des glaces. Depuis un drone, un navire scientifique ou les airs, ARION se repère immédiatement : visibilité accrue, sécurité renforcée, surtout dans un secteur où disparaître visuellement peut avoir des conséquences dramatiques.
C’est aussi une signature assumée. Le rose casse les codes des voiliers « sérieux » et rappelle que ce bateau n’a pas été conçu pour se fondre dans le décor, mais pour émerger, être vu, être identifiable en une seconde. ARION est un compagnon d’expédition robuste, lisible et repérable : un atout essentiel dans une tentative de record géographique vers les latitudes les plus australes accessibles à un voilier sans assistance.
Un voilier qui produit sa propre électricité au bout du monde
Pour tenter d’amener un voilier le plus au sud possible, l’électricité à bord n’est pas un confort mais un élément vital. ARION fonctionne comme une petite centrale autonome : il doit pouvoir alimenter pilote automatique, électronique, capteurs scientifiques, treuils, communication satellite et éclairage, même loin de tout port et par mauvais temps.
La production repose sur plusieurs sources complémentaires :
- Alternateur moteur principal dimensionné pour recharger rapidement le parc batteries LiFePO₄ lors des navigations ou manœuvres.
- Hors-bord générateur : l’annexe devient un groupe électrogène flottant, capable de fournir une puissance continue sans immobiliser le voilier.
- Panneaux solaires optimisés pour les latitudes australes, pour couvrir le « fond de consommation » à bord.
- Parc batteries LiFePO₄ : grande capacité utile, charge rapide, meilleure tolérance aux cycles profonds et aux basses températures.
Toute l’installation est pensée en redondance : plusieurs sources, plusieurs voies de charge, des circuits séparés pour les fonctions critiques. L’objectif n’est pas de faire tourner un hôtel flottant, mais de garantir que le bateau reste manœuvrant, piloté et connecté même lorsque la glace ferme toutes les portes de sortie.
Tenir dans le froid : poêles, ventilation et confort en mode solo
Dans les quarantièmes et les cinquantièmes, la chaleur n’est pas un luxe, c’est un système de survie. À bord d’ARION, le cœur du bateau est un poêle à bois marin, dimensionné pour sécher les cirés, réchauffer la cellule de vie et transformer le carré en refuge lorsque la mer se dégrade.
En parallèle, un poêle diesel Refleks assure un chauffage continu et stable lorsque les conditions ne permettent plus de jouer avec le bois. Deux Webasto viennent compléter le dispositif : ventilation et maintien au sec des cales, renouvellement d’air dans les volumes de vie, limitation de la condensation autour des équipements scientifiques et de l’électronique.
L’aménagement intérieur est pensé pour la navigation en solitaire au long cours :
- Cabine arrière tribord dédiée à la station scientifique embarquée (accès direct à la future page Accès scientifiques).
- Salle d’eau avant bâbord avec douche à l’italienne et cumulus jusqu’en Patagonie, avant de tout alléger pour le grand Sud.
- Grande cuisine de mer, utilisable en gîte pour cuisiner sans gymnastique inutile.
- Bannettes de veille bâbord / tribord pour dormir en combinaison, prêt à bondir selon l’amure et la gîte.
- Table à cartes monumentale, véritable centre nerveux du bateau, où se croisent météo, route, instruments scientifiques et communications.
L’objectif n’est pas le luxe, mais la capacité à rester chaud, sec, organisé et lucide dans un univers où la fatigue, le froid et la glace ne laissent aucune marge à l’improvisation.