Portrait d’illustration – un visage parmi ceux que les quarantièmes rugissants sculptent au fil des milles.
Captain d'ASTRIA
Je navigue en solitaire entre les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants pour rejoindre l’Antarctique à bord d’un voilier en aluminium conçu pour encaisser les coups de mer. Mon objectif : pousser un bateau de 14 mètres, en solo, jusqu’aux limites du continent blanc, puis l’y laisser hiverrer volontairement pris dans la banquise afin de collecter des données scientifiques là où très peu de navires vont, et encore moins des voiliers.
L’homme derrière l’expédition
Je suis biologiste marin, cinéaste, navigateur et skipper professionnel. Pendant des années, j’ai enchaîné les milles, les saisons et les latitudes, des mers tempérées aux zones subantarctiques. Ce projet n’est pas une parenthèse : c’est la convergence de tout ce qui m’anime – l’océan, la science, l’image et le goût du large.
La mer m’a appris deux choses essentielles : l’humilité et la précision. En zone polaire, chaque manœuvre et chaque décision comptent. On n’improvise pas un hivernage en Antarctique : on le prépare, on le teste, on le vérifie, puis on accepte ce que la glace décidera.
L’appel du Sud
L’Antarctique n’est pas un décor, c’est un monde à part. C’est le seul continent sans population permanente, un désert de glace où la météo et la mer dictent leur loi. Naviguer là-bas, c’est accepter de sortir de sa zone de confort, de renoncer au réseau, aux secours rapides et à la facilité.
L’Odyssey of Aion
L’Odyssey of Aion vise à atteindre au plus près le pôle Sud géographique par la mer, via le passage de Drake, puis à hiverner dans la région de la mer de Weddell, sur un site comme Hovgaard Island. Le voilier sera hissé sur la glace, mis sous dôme thermique et transformé en station scientifique autonome pendant un an.